Agilité : changer de pouvoir
Dans la présentation gouvernance agile : sobriété heureuse, j'évoque la question du changement dans le pouvoir, au sein d'une organisation qui devient agile.
C'est aussi une question de reconnaissance du travail de Développeur et - au-delà - de l'importance des personnes dans l'organisation.
Les apéros géants
Le problème de ces apéros géants, c'est la responsabilité : qui est responsable ?
Un apéto géant qui rassemble 10.000 personnes est sous la responsabilité de ces 10.000 personnes, ce qui n'est pas commun, on préfère un et un seul (groupe de) responsable. Voir par exemple le titre de cet article : Apéro géant : la responsabilité pénale des organisateurs difficile à établir.
Et ce problème de responsabilité partagée et non plus "une seule tête" se retrouve lorsque nous déployons l'agilité. Le management admet l'auto-organisation... Pourvu qu'il existe toujours 1 responsable !
Plusieurs chefs de projet
Une équipe agile est auto-organisée, voir ce principe agile :
Les meilleures exigences, architectures, conceptions émergent d'équipe auto-organisées.
Ce qui signifie en termes de responsabilité que chacun est responsable dans l'équipe, non seulement de "son" travail, de "sa" participation.
Dans une équipe de 5 Développeurs, quelles sont les responsabilités de fabrication ?
- Chaque Développeur est responsable à 20 % ?
- Chaque Développeur est responsable à 100 %
Et Scrum ?
Scrum peut être agile... ou non.
Scrum non-agile
Le ScrumMaster est un Chef de projet "new-age", collaboratif... Mais il reste en fait chef de projet. C'est ce qui apparait quand on considère qu'il "co-pilote" l'équipe ou bien qu'il la "protège" de l'extérieur. Dans ce cas, comment voulez-vous qu'un Développeur se responsabilise par rapport au produit dans son ensemble ?
Scrum agile
Quand le ScrumMaster est facilitateur, Coach, alors il accompagne les Développeurs dans leur responsabilisation face au produit et à sa fabrication.
De l'individu à la communauté
Le manifeste agile (2001) déclare les individus plus importants que les processus.
Le Manifesto for Software Craftsmanship déclare un peu plus tard (2009) une communauté de professionnels plus importante que les individus.
Communautarisme ?
Ne reproduisons pas les communautarismes actuels, par exemple ceux des contrôleurs de la finance qui par ce biais contrôlent les médias, les pubs, les crédits et donc nos consciences.
Cette valeur humaine - communauté, individu - vient avec d'autres valeurs
- la qualité de ce qui est fabriqué
- la valeur ajoutée pour les Utilisateurs (qui n'est pas nécessairement chiffrable en euros)
- l'efficacité de nos pratiques.
Et oui, nous sommes dans un monde appelé Terre, nous sommes inter-dépendants.
Cette inter-dépendance passe aujourd'hui par une utilisation intensive du logiciel
- internet - ou comment communiquer entre Humains séparés par la distance
- applications pour particuliers et professionnels
- logiciels embarqués (avions, voitures, machines...)
La croisée des chemins
Nous entrons dans une ère de co-création tandis que l'ancienne période de pouvoir centralisé connait les soubresauts de son agonie.
C'est maintenant à nous de choisir. La prise de conscience nous rend à la fois capables et responsables de ces choix.
- Quelle informatique voulons-nous ? Des Développeurs qui se suicident dans les SSII ou des Développeurs respectés et responsables ?
- Et plus largement, dans quelle société ?
L'agilité est ce mouvement, au départ anarchique qui accompagne cette émancipation dans notre domaine, le logiciel.
Comme tout mouvement d'émancipation, il peut être repris, noyauté, détourné de son intention initiale.
Mais, tout comme nous pouvons décider d'acheter un légume bio plutôt que chimique, nous pouvons décider de l'informatique que nous voulons produire et consommer.

